Dans cet épisode d’Échos d’Europe, Michel Derdevet revient sur l’article de Jean-Noël Tronc, administrateur de Confrontations Europe et professeur à l’ESSEC, consacré aux futurs billets d’euros. La Banque centrale européenne consulte actuellement les Européens sur le graphisme de la prochaine série de billets. Deux grands thèmes sont proposés : d’un côté, la « culture européenne », avec des personnalités comme Marie Curie, Beethoven, Cervantès ou Léonard de Vinci ; de l’autre, les « fleuves et oiseaux », qui mettent davantage en avant la nature européenne.
Plusieurs facteurs expliquent l’importance de ce choix visuel. À l’origine, l’idée de représenter de grandes figures comme Rembrandt, Marie Curie ou Beethoven a été abandonnée, notamment par peur que chaque personnalité soit immédiatement rattachée à son pays d’origine. On s’est donc tourné vers des symboles plus abstraits comme les ponts, fenêtres et portes. Le problème, c’est qu’en voulant éviter toute référence nationale, on a aussi évité de raconter l’histoire et la culture européennes. Pourtant, la devise « Unie dans la diversité » ne signifie pas qu’il faut renoncer à cette identité commune faite de langues, de cultures, de peuples et d’histoires différentes. À cela s’ajoute un enjeu très concret : avec plus de 30 milliards de coupures en circulation, ces billets sont l’un des objets européens les plus visibles.
Face à ce constat, Jean-Noël Tronc appelle à faire des billets en euros un véritable outil de « soft power » et de puissance européenne. Au-delà d’un simple instrument économique, la monnaie peut véhiculer une image et raconter une histoire. Choisir la « culture européenne » permet de montrer que l’unité de l’Union ne repose pas uniquement sur des règles, des institutions ou un marché commun, mais aussi sur une histoire et une culture partagée. Il invite ainsi chacun à donner son avis dans cette consultation jusqu’au 21 septembre.












