Peut-on encore aimer l’Europe ? | Radio RCF

Anne MACEY

Déléguée générale, Confrontations Europe

Anne MACEY était invitée vendredi 7 septembre 2018 sur les ondes de RCF .

On l’a un peu oubliĂ©, mais l’Europe rĂ©sulte de la coopĂ©ration de peuples qui se sont entretuĂ©s pendant des siĂšcles, et qui ont dĂ©cidĂ© d’agir ensemble. Comme toute construction humaine, l’Europe est belle. Et les rĂ©alisations sont nombreuses (d’Erasmus Ă  l’euro, de la fin des dictatures Ă  l’ébauche d’une politique de dĂ©fense commune, en passant par le marchĂ© intĂ©rieur et les investissements sur les territoires dans toutes les rĂ©gions europĂ©ennes
)
 Mais cette construction, elle est aussi belle que fragile.

Mais l’amour pour l’Europe n’est –il pas sur le dĂ©clin ?  On ne va pas se mentir, la tendance de fond, c’est plutĂŽt celle du dĂ©samour: abstentionnisme, dĂ©ception pour des gens qui Ă©taient EuropĂ©ens convaincus (je pense Ă  Edgar Morin ou Michel Rocard), colĂšre aussi de ceux qui se sentent abandonnĂ©s et ils sont nombreux. Cela doit nous faire rĂ©flĂ©chir sur nos propres responsabilitĂ©s et sur ce qui doit changer. Mais d’abord, qui dĂ©cide en Europe ? Ceux qui prennent les grandes dĂ©cisions europĂ©ennes –et ne les assument pas toujours- ce sont principalement nos Etats rĂ©unis au sein du « Conseil » au niveau europĂ©en.

Qu’est-ce qui doit changer en Europe ? D’abord, mieux vaut entendre les citoyens et la sociĂ©tĂ© civile: beaucoup perçoivent l’Europe comme le cheval de Troie d’une mondialisation dont ils ont le sentiment de ne pas bĂ©nĂ©ficier. Ils ne se sentent pas Ă©coutĂ©s, encore moins parties prenantes. Et beaucoup sont tentĂ©s par le repli.

Alors, faut-il encore aimer l’Europe aujourd’hui ? Oui plus que jamais ! Surtout dans le contexte actuel ! Entre l’AmĂ©rique de Trump, et la Chine de Xi, la montĂ©e des autoritarismes Ă  nos frontiĂšres mais aussi chez nous, les discours et parfois les actes antiimmigrants de droite comme de gauche, 
 nous avons besoin et nous devons nous battre passionnĂ©ment pour façonner un monde et une Europe  dont on puisse ĂȘtre fiers ! Voulons-nous ĂȘtre des citoyens du monde de seconde zone
ou reprendre le contrĂŽle de notre destin ? Et si c’est nous qui dĂ©cidons, le choix n’a pas Ă  ĂȘtre binaire, entre autarcie et capitalisme mondialisĂ©. C’est le choix d’une Europe qui transforme le capitalisme en un modĂšle plus humain et durable. Alors il faudra nous entendre. Car pour les EuropĂ©ens, cela se fera ensemble, sinon rien.

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