MANIFESTE – Confrontation Europe

LA REVUE #136

Depuis bientôt trente ans, Confrontations Europe ambitionne de contribuer à la construction d’une Europe humaniste et démocratique, à la fois compétitive et solidaire, une Europe plus proche de ses citoyens. Confrontations Europe considère comme essentielle l’implication de la société civile dans l’élaboration des politiques publiques, en favorisant un dialogue respectueux des histoires et des cultures, en vue de dépasser les clivages politiques et d’œuvrer pour l’intérêt commun. Face aux multiples défis qu’affronte l’UE, Confrontations Europe entend poursuivre et consolider les conditions d’un vrai dialogue entre les acteurs de l’entreprise, les décideurs politiques, les experts et toutes les parties prenantes, afin de faire émerger une analyse originale et pertinente sur l’intégration européenne.

Dans ce contexte, Confrontations Europe structure ses travaux autour de trois thèmes clés: la pérennisation du modèle européen d’économie sociale de marché qui doit faire face aux impératifs du développement durable (ODD), la confirmation d’une «Europe puissance» dans le monde et le renforcement de la démocratie européenne.

Un modèle originaL d’économie sociale de marché à pérenniser

La construction européenne s’incarne dans le développement de son marché unique, enraciné dans un modèle original d’économie sociale de marché, au cœur du capitalisme européen. Celui-ci se caractérise aujourd’hui par la promotion des principes ESG/RSE et par l’impératif de transition environnementale portée par les objectifs du Pacte vert pour l’Europe, afin de faire de l’UE le premier marché du monde neutre en émissions carbone à l’horizon 2050. Ce modèle s’inscrit aussi dans la transition numérique de l’UE, condition nécessaire au succès européen face à l’arrivée de la quatrième révolution industrielle, et qui appellera une gestion collective et solidaire des données, la montée en compétences numériques des travailleurs européens, et le développement des infrastructures nécessaires au sein du marché unique (communication, transport, paiement…). Ce modèle européen se fonde également sur une meilleure intégration des politiques industrielles de l’UE, pour assurer la souveraineté de son marché. Cette réorganisation des chaînes de valeur industrielles ne peut s’organiser autour de la seule quête de relocalisation de l’emploi, au risque d’appauvrir les pays du voisinage européen et ses coopérations. Elle implique de développer une politique centrée sur ses maillons stratégiques conditionnant la compétitivité européenne et l’atténuation de ses dépendances. La réorganisation des chaînes de valeur industrielles repose également sur la diversification des sources d’approvisionnement, en matières premières comme en produits transformés. La réalisation de ces objectifs passe par de considérables investissements de long terme, qui devront mobiliser l’épargne abondante des Européens, ce qui nécessitera l’achèvement de l’Union des marchés de capitaux. Ce capital privé doit être fléché vers les objectifs qui structurent le développement de l’économie de I’UE, faisant de l’industrie financière un service essentiel à la réalisation de ce modèle. Enfin, le modèle européen post coronavirus doit se caractériser par l’exigence d’un dialogue citoyen de qualité, condition de l’implication de toutes les parties prenantes dans la prise de décision économique.

L’Europe dans le monde

Confrontations Europe soutient également l’émergence d’une Europe forte, au côté des grandes puissances chinoise et américaine. Cette «Europe puissance» sur la scène inter­ nationale, s’appuie d’abord sur sa capacité à soutenir et à promouvoir ses normes auprès de ses partenaires commerciaux. Cet engagement en faveur d’une concurrence juste entre les nations, garantissant le respect de l’environ­nement et l’amélioration des conditions de vie à travers le monde, appelle une révision de la politique commerciale et de concurrence dans le sens de ces exigences.

De plus, l’UE doit prendre en compte, en complément de sa participation à l’OTAN, ses propres capacités assises sur les politiques nationales de défense, la priorité consistant à renforcer des programmes communs dans l’industrie de défense. Cette ambition s’inscrit dans l’affirmation d’une autonomie stratégique européenne ouverte, qui se veut le prolonge­ ment des souverainetés nationales, sans les diminuer, ni les effacer. Confrontations Europe défend ainsi l’extension du domaine des biens communs européens, afin de permettre à l’UE de faire face à la montée des risques politiques dans son voisinage et au-delà.

Enfin, la place de l’UE dans le monde s’incarne dans son rapport avec les pays du Sud, et spécialement dans une communauté de destin avec l’Afrique. Confrontations Europe défend ainsi l’émergence d’un Pacte européen pour les migrations dans une double dimension : le sou­tien au développement des pays d’origine et l’amélioration des conditions d’entrée et de circulation au sein du marché unique pour les travailleurs venus de pays tiers, autour de la création d’une «Blue card» européenne.

Une nouvelle gouvernance européenne

Enfin, Confrontations Europe promeut une démocratie européenne plus vivante, en complément des cultures démocratiques nationales. Cela est essentiel pour asseoir cette dynamique des biens communs européens sur une meilleure compréhension mutuelle et adhésion citoyenne. Ce processus démocratique doit s’appuyer sur des citoyens de l’Union plus engagés dans la prise de décision politique communautaire. Cette nouvelle gouvernance européenne s’inscrit dans la nécessité de rapprocher l’Union de ses citoyens, condition nécessaire à l’émergence d’un sentiment d’appartenance européen. Cette démocratie participative doit se fonder sur la délibération et la reconnexion du citoyen avec la politique. La démocratie participative doit s’organiser dans les territoires pour prendre en compte la diversité des cultures démocratiques nationales qui caractérise l’Europe, et impliquer le maximum d’Européens. Sortant de l’entre­-soi, elle doit impérativement permettre que soient abordés les problèmes concrets, du quotidien, et renforcer ainsi les dynamiques territoriales.

En ce sens, la Conférence sur l’avenir de l’Europe est une initiative majeure portée par cette législature. Pour porter pleinement ses fruits, cette Conférence doit aborder la mise en place d’un mécanisme permanent de participation des citoyens qui vise à établir un dialogue au niveau local, dans des modalités adaptées aux cultures et pratiques nationales, tout en favorisant les échanges et la pédagogie, pour progressi­vement déterminer un langage démocratique européen commun.

Conscient des enjeux considérables aux­ quels l’Union européenne fait face, Confronta­tions Europe entend contribuer à éclairer la prise de décision politique au niveau européen, en cherchant à être la passerelle entre société et institutions, à travers une conflictualité ouverte, viable et constructive.

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