Le plaidoyer de Jean Hornain pour une économie écologique performante

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Dans un contexte marqué par l’urgence climatique, les tensions sur les
ressources et les recompositions géopolitiques, l’ouvrage « Écologie &
économie, un destin commun » de Jean Hornain, Directeur général de CITEO,
propose dans cette période rude et troublée une lecture résolument optimiste
et stratégique de la transition écologique. Loin d’opposer protection de
l’environnement et performance économique, l’auteur défend une thèse forte :
ces deux dimensions sont non seulement compatibles, mais profondément
interdépendantes.


Pendant longtemps, le débat public s’est structuré autour d’une opposition basique et
contreproductive. D’un côté, l’économie, associée à la croissance, à la production et
à la création de valeur ; de l’autre, l’écologie, perçue comme un ensemble de
contraintes venant freiner cette dynamique. Jean Hornain renverse ce paradigme
largement diffusé. Il rappelle que l’économie repose initialement sur les ressources
naturelles et les équilibres écologiques. Dégrader ces derniers revient donc à
fragiliser les bases mêmes de la prospérité. Cette approche s’inscrit dans la lignée
de l’économie écologique, qui considère l’activité humaine comme incluse dans la
biosphère et dépendante de ses limites.


Mais l’apport principal du livre réside dans l’idée que l’écologie doit devenir un
moteur de performance, au service d’une économie robuste. La transition écologique
n’est pas seulement une nécessité ou une contrainte morale ou réglementaire : elle
constitue un projet industriel majeur qui doit recréer de la confiance et de l’adhésion.
Pour cela, l’auteur met en avant tout l’intérêt économique – et pas seulement
écologique – de la sobriété et la circularité des matières, permettant d’en utiliser
moins, de l’utiliser longtemps et de la recycler en totalité.


Cette dynamique est la base même de l’économie circulaire versus l’économie
linéaire. Il ne s’agit plus d’extraire, produire, consommer et jeter, mais de repenser
l’ensemble du cycle de vie des produits. Réduction des déchets, réutilisation des
matériaux, recyclage en boucle : ces principes impliquent une transformation
profonde des chaînes de valeur. Les entreprises doivent intégrer ces enjeux dès la
conception, en collaboration avec l’ensemble des acteurs économiques.
Au-delà des enjeux économiques, Jean Hornain souligne également la dimension
géopolitique de l’économie circulaire. La dépendance aux matières premières,
souvent concentrées dans certaines régions du monde, constituent des vulnérabilités
majeures pour les États, comme le montre l’actualité récente. Dans ce contexte,
développer des filières locales durables devient un enjeu de souveraineté et de
sécurité. La circularité apparaît alors comme un levier pour renforcer l’indépendance
économique et sécuriser les approvisionnements stratégiques.

Cette transformation implique une évolution en profondeur des entreprises. Celles-ci
sont appelées à intégrer pleinement les enjeux environnementaux dans leur
stratégie, à adopter une vision de long terme et à coopérer davantage avec les
acteurs publics et privés, sur le modèle des systèmes de « responsabilité élargie des
producteurs » dont Citeo a été la première application concrète, avec plus 1,7Md€
investis chaque année dans la réduction, le réemploi et le recyclage des emballages
et des papiers. Pour Jean Hornain, nos entreprises sont des acteurs clé de la
transition écologique. Dans le cadre réglementaire adéquat, et dès lors qu’elles
disposent de la durée nécessaire, elle savent innover, investir et piloter la
performance environnementale tout autant que la performance économique.


La conclusion de Jean Hornain est sans ambiguïté : l’écologie n’est pas un
coût, mais une opportunité. Elle permet d’innover, de sécuriser les ressources,
de renforcer la souveraineté et de bâtir une prospérité à long terme. La
performance économique du XXIe siècle dépendra de la capacité des
entreprises et des États à mettre cette performance au service du bien
commun qu’est notre planète. C’est un enjeu pour la France, pour l’Europe,
pour la planète et un objectif que nous pouvons atteindre ensemble.

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Jean Hornain’s Case for a High-Performing Ecological Economy

Against a backdrop marked by the climate emergency, tensions over resources and geopolitical realignments, Jean Hornain’s book Ecology & Economy: A Shared Destiny, written by the Chief Executive Officer of CITEO, offers, in these harsh and troubled times, a resolutely optimistic and strategic reading of the ecological transition. Far from opposing environmental protection and economic performance, the author puts forward a strong argument: these two dimensions are not only compatible, but deeply interdependent.

For a long time, public debate was structured around a simplistic and counterproductive opposition. On one side stood the economy, associated with growth, production and value creation; on the other, ecology, perceived as a set of constraints that would slow down this dynamic. Jean Hornain overturns this widely shared paradigm. He reminds us that the economy is fundamentally based on natural resources and ecological balances. Damaging these therefore means weakening the very foundations of prosperity. This approach is in line with ecological economics, which considers human activity as embedded within the biosphere and dependent on its limits.

Yet the book’s main contribution lies in the idea that ecology must become a driver of performance, serving a more resilient economy. The ecological transition is not merely a necessity, nor simply a moral or regulatory constraint: it is a major industrial project that must rebuild trust and generate support.

To this end, the author highlights the economic value — and not only the ecological value — of sobriety and material circularity: using fewer resources, using them for longer, and recycling them in full.

This dynamic forms the very basis of the circular economy, as opposed to the linear economy. It is no longer a matter of extracting, producing, consuming and discarding, but of rethinking the entire life cycle of products. Waste reduction, material reuse and closed-loop recycling: these principles imply a profound transformation of value chains. Companies must integrate these issues from the design stage, in cooperation with all economic stakeholders.

Beyond economic considerations, Jean Hornain also emphasises the geopolitical dimension of the circular economy. Dependence on raw materials, often concentrated in certain regions of the world, creates major vulnerabilities for states, as recent events have shown. In this context, developing sustainable local sectors becomes an issue of sovereignty and security. Circularity therefore appears as a lever to strengthen economic independence and secure strategic supplies.

This transformation requires a profound evolution within companies. They are called upon to fully integrate environmental issues into their strategy, to adopt a long-term vision and to cooperate more closely with public and private stakeholders, following the model of extended producer responsibility systems. Citeo was the first concrete application of this model, with more than €1.7 billion invested each year in the reduction, reuse and recycling of packaging and paper. For Jean Hornain, our companies are key actors in the ecological transition. Within the right regulatory framework, and provided they are given the necessary time horizon, they are capable of innovating, investing and steering environmental performance just as effectively as economic performance.

Jean Hornain’s conclusion is unequivocal: ecology is not a cost, but an opportunity. It enables innovation, secures resources, strengthens sovereignty and helps build long-term prosperity. The economic performance of the twenty-first century will depend on the ability of companies and states to place that performance at the service of the common good that is our planet. This is a challenge for France, for Europe, for the planet — and an objective we can achieve together.