Par Peeter Lusmägi et Kai-Ines Nelson, Coordinateur et Coordinatrice adjointe du réseau international EuroPeers
En 2005, lorsque la Commission européenne a annoncé la Semaine européenne de la jeunesse, l’Agence nationale allemande a fait un choix contre-intuitif. Au lieu de concentrer son énergie sur un événement phare, elle a invité de jeunes anciens des programmes jeunesse de l’UE à créer de nombreuses petites actions locales. Plus de 100 jeunes ont participé à des formations préparatoires puis organisé plus de 100 événements différents à travers l’Allemagne — décentralisés, dirigés par des pairs et proches des réalités quotidiennes des jeunes. Le concept était simple : si l’objectif est d’atteindre les jeunes, laissez les jeunes atteindre leurs pairs.
Un an plus tard, quelque chose d’encore plus important s’est produit. Lors de la réunion d’évaluation, une grande part des participants est revenue — environ 60 % — et beaucoup ont demandé à continuer. L’approche pair-à-pair était devenue plus qu’une campagne ponctuelle, c’était devenu une communauté. Ce moment est souvent décrit comme la naissance d’EuroPeers : un réseau d’anciens jeunes participants motivés à partager des expériences authentiques issues d’Erasmus+ Jeunesse (et plus tard du Corps européen de solidarité) et à encourager les autres à y participer.
Entre 2006 et 2014, le réseau a mûri par la pratique. La méthode de base est restée la même — les jeunes partageant directement leur expérience avec d’autres jeunes — mais l’infrastructure autour s’est développée : réunions annuelles, formations régulières à la narration, prise de parole en public et gestion de projets, et soutien pratique aux activités dirigées par les jeunes. Le guide EuroPeers Network décrit cette période comme une période d’« expansion et de consolidation », portée par un enthousiasme partagé et une identité et une structure progressivement plus claires.
L’internationalisation a également commencé de manière organique. En 2010, l’Autriche et la Suisse participaient à des séances de formation ; en 2011, le premier cours international de formation germanophone a eu lieu au Luxembourg. De petits projets entre pairs ont également commencé à apparaître ailleurs, tandis que des initiatives similaires existaient sous différents noms dans d’autres pays. La leçon initiale était pragmatique : l’idée circule bien, mais elle doit être traduite dans les réalités nationales de la jeunesse et les cultures de communication.
En 2014, une réunion de planification stratégique a permis de traduire cette croissance organique en une ambition européenne plus claire. Six pays — Allemagne, Pologne, Autriche, Estonie, Norvège et Belgique — ont collaboré pour établir une structure internationale. En 2015, Berlin a accueilli un format inédit : les représentants des agences nationales se réunissaient en parallèle de la réunion annuelle EuroPeers, et ce modèle collaboratif est devenu une routine annuelle. Le Guide note également un effet de retombée important : en 2017, le concept EuroPeers a inspiré la création d’EuroApprentices dans l’enseignement professionnel, étroitement inspirés des concepts de formation d’EuroPeers.
Une nouvelle étape vers la stabilité est survenue en 2020 avec la formalisation d’un partenariat stratégique mené par l’Agence nationale estonienne. L’Activité à long terme (LTA) a été lancée en 2021 et vise à renforcer la cohérence et la capacité : un coordinateur de réseau dédié, une planification du travail plus claire, une présence numérique améliorée et un accent plus fort sur l’inclusion — en particulier pour toucher les jeunes ayant moins d’opportunités. Le Guide relie cette phase à des supports de formation partagés, à une identité visuelle renouvelée, ainsi qu’au lancement du site web international et de la présence sur Instagram.
Aujourd’hui, EuroPeers fonctionne comme une communauté transnationale d’anciens participants avec une structure combinée : coordination centrale pour la cohérence, responsabilité nationale pour la pertinence. En 2025, le réseau fonctionne comme une LTA dirigée par l’Estonie et implique quatorze pays actifs, chacun avec son ou ses propres coordinateurs nationaux et son groupe EuroPeers. Cette structure « hybride » a de l’importance. Elle maintient le réseau reconnaissable à travers l’Europe (valeurs partagées, logique de formation partagée, identité partagée) tout en permettant à chaque pays d’organiser les EuroPeers de manière à s’adapter aux traditions locales de travail des jeunes, aux systèmes scolaires, à la géographie et au panorama des programmes.
Ce qu’est EuroPeers – et pourquoi il est important aujourd’hui
Le site EuroPeers définit le projet en termes pratiques : les EuroPeers sont des jeunes ayant une expérience dans Erasmus+ Jeunesse ou le Corps européen de solidarité qui souhaitent transmettre cette expérience à d’autres. Ils fréquentent des écoles, des clubs de jeunes et des espaces publics ; ils organisent des ateliers, des présentations scolaires, des actions de rue et des expositions ; ils partagent des histoires en ligne ; et ils fournissent des informations accessibles sur la mobilité et les opportunités de participation.
Cette clarté est importante car de nombreux débats sur l’engagement des jeunes partent encore d’un mauvais diagnostic. Trop souvent, le désengagement des jeunes est présenté comme un manque d’intérêt ou un « problème générationnel ». Ce que les praticiens et les jeunes décrivent, à maintes reprises, est différent : l’information est difficile à naviguer, les institutions paraissent distantes et la participation intervient trop tard pour avoir un sens réel. Les consultations du 11e cycle du Dialogue européen de la jeunesse en Estonie saisissent bien cette tension. Les jeunes valorisent l’identité européenne, la démocratie, l’égalité et la liberté, mais ils décrivent aussi les lacunes dans la manière dont ces valeurs se traduisent dans la vie quotidienne — notamment en ce qui concerne l’égalité, les droits des minorités et le fait d’être entendu dans la prise de décision. Ils lient étroitement la confiance et l’engagement à des informations compréhensibles et à une implication significative. Ils perçoivent souvent les informations officielles comme trop techniques et peu adaptées aux jeunes, et beaucoup disent avoir besoin de plus d’orientation et de mentorat pour accéder à des opportunités telles qu’Erasmus+ — en particulier dans les zones rurales.
EuroPeers se situe exactement à ce point de conversion. Cela aide à transformer des opportunités abstraites en quelque chose de concret et socialement crédible, car le relais n’est pas « l’institution » mais un pair ayant une expérience vécue — quelqu’un capable de répondre aux questions que les jeunes posent réellement (« Comment c’était vraiment ? », « Est-ce que je m’intégrerais ? », « Comment avez-vous postulé ? ») dans un langage courant. En pratique, EuroPeers ne se contente pas de communiquer l’information. Il réduit l’incertitude et abaisse la barrière psychologique de participation — deux facteurs qui comptent souvent plus que la motivation elle-même.
Le pair-à-pair comme stratégie, pas comme slogan
Les preuves issues des contributions nationales recueillies auprès des coordinateurs et partenaires d’EuroPeers sont remarquablement cohérentes : le pair-à-pair fonctionne car il réduit la distance — sociale, culturelle et psychologique.
En Lettonie, des collègues décrivent que les jeunes deviennent beaucoup plus engagés lorsque l’information est partagée entre pairs, de manière informelle et à travers des exemples concrets — notamment dans les écoles, les centres pour la jeunesse et les événements initiés par les jeunes. Ils citent aussi des barrières familières : beaucoup de jeunes ne sont pas au courant des opportunités pour les jeunes dans l’UE ou les perçoivent comme compliquées et « non destinées à eux ». Les jeunes en dehors de Riga ont un accès moins direct à l’information et à l’encouragement, et il y a une pénurie de jeunes travailleurs de confiance ou d’adultes bienveillants capables d’aider les jeunes à franchir le premier pas. La Lettonie illustre également parfaitement « l’architecture de l’engagement » : l’Agence nationale a soutenu de grands festivals animés par la jeunesse tels que la « Project Night » (environ 150 participants) et « Hop on the Train » (environ 80 participants), où les jeunes sont formés et deviennent créateurs du contenu — du développement d’idées à la direction d’activités et à l’engagement des autres. Dans de tels contextes, les EuroPeers ne sont pas des promoteurs externes ; ils font partie d’un écosystème de jeunesse où la participation devient normale et visible.
La France montre un paysage différent. Le bénévolat est déjà répandu — selon l’INJEP, 43% des jeunes de 15 à 30 ans déclarent avoir fait du bénévolat au cours des douze derniers mois, et 28% en fait régulièrement [1]. Pourtant, même dans un pays aux parcours civiques solides, l’engagement dépend toujours de la visibilité, de l’accessibilité et de la confiance. En d’autres termes : une offre de programmes solide a toujours besoin d’une connexion à l’échelle humaine et de relais accessibles, surtout pour ceux qui ne se « voient pas » naturellement dans la mobilité internationale ou les programmes de l’UE.
L’apport de la Suède apporte une perspective démocratique. Il note une baisse de la part de jeunes qui croient pouvoir faire une différence dans la société (notée à 23 %, contre 52 % en 2019), ainsi qu’une inquiétude accrue quant à l’avenir du système démocratique. L’analyse proposée est révélatrice : les jeunes peuvent estimer que les enjeux majeurs — guerre, criminalité, économie — sont difficiles à influencer, ce qui peut réduire l’efficacité perçue et la participation. Cela rappelle que l’engagement des jeunes ne se limite pas à l’accès aux opportunités. Il s’agit aussi de reconstruire le sentiment que la participation compte, et que l’action individuelle peut se connecter au changement collectif.
Dans ces différents contextes nationaux, le même mécanisme se répète : lorsqu’un pair dit « Je l’ai fait, voici ce que c’était vraiment, et voici comment commencer », la participation devient plus imaginable. EuroPeers transforme les « opportunités de l’UE » d’offres lointaines et institutionnelles en récits mobilisateurs. Cela peut sembler léger — mais c’est une réponse très pratique au manque de crédibilité auquel de nombreuses institutions font face.
Comment EuroPeers crée de la valeur — pour les jeunes et pour les institutions
L’impact des EuroPeers ne se limite pas à la communication. Le Guide du Réseau met en avant plusieurs fonctions pertinentes bien au-delà de la « bulle » Erasmus+.
Une approche et un recrutement inclusifs. En utilisant les liens de terrain et la crédibilité des pairs, EuroPeers peut toucher des groupes généralement plus difficiles à mobiliser, y compris les jeunes ayant moins d’opportunités, les jeunes en dehors des grands centres, et ceux qui ne participeront peut-être jamais à une « journée d’information européenne ». Il ne s’agit pas seulement de géographie, il s’agit aussi de proximité sociale : les EuroPeers peuvent « traduire » les opportunités dans le langage et les situations de la vie quotidienne des jeunes.
Un canal de retour d’information et une boucle d’apprentissage. Les EuroPeers sont à la fois bénéficiaires et communicateurs. Ils peuvent traduire l’expérience du programme en indications concrètes pour les agences nationales et les parties prenantes — ce qui fonctionne, ce qui déconcerte, ce qui exclut. À une époque où on peine à faire confiance aux politiques de jeunesse, ces boucles de de retour d’information sont un atout de gouvernance : elles apportent une expérience vécue dans l’apprentissage institutionnel sans exiger que les jeunes deviennent des experts en politique.
Participation civique soutenue après la mobilité. Le Guide présente EuroPeers comme une plateforme de citoyenneté active où les alumni continuent de contribuer longtemps après leur expérience de mobilité — à travers des actions dans les écoles et les centres de jeunesse, des projets de solidarité, des échanges de jeunesse, des groupes consultatifs, et parfois des postes rémunérés de formateurs juniors ou de création de contenu. C’est important car de nombreux programmes de mobilité créent des « moments forts » dans la vie des jeunes. EuroPeers aide à transformer ces moments forts en trajectoires plus longues de contribution et de leadership, avec des rôles visibles et une reconnaissance par les pairs.
Compétences, confiance en soi et identité. Un rapport national résume la logique en une phrase : l’engagement crée plus d’engagement. Les jeunes qui partagent des expériences gagnent souvent en confiance en eux et en motivation ; ils pratiquent la communication et la facilitation ; ils apprennent à planifier des actions à petite échelle ; et ils deviennent plus enclins à faire des choses pour les autres. En ce sens, EuroPeers n’est pas seulement un réseau « de sensibilisation » — c’est aussi un modèle de développement de la jeunesse qui renforce les compétences sociales et civiques par l’action.
Les « barrières d’engagement » réelles abordées par EuroPeers. Si la force d’EuroPeers réside dans la confiance, sa pertinence réside dans les obstacles qu’il aide à surmonter — dont beaucoup sont mis en avant dans les contributions nationales et les consultations jeunesse.
Complexité et surcharge d’informations. Les jeunes n’ont pas besoin de plus de PDF. Ils ont besoin de conseils, d’être rassurés et d’accompagnement. Les consultations du Dialogue de la jeunesse estonien mettent en avant une communication favorable aux jeunes et une information accessible comme conditions clés pour la participation.
Le problème de la première étape. Une grande partie des participants potentiels hésitent non pas parce qu’ils rejettent l’expérience internationale, mais parce qu’ils ne savent pas par où commencer ou craignent d’échouer. EuroPeers réduit cette anxiété en rendant le processus humain et en normalisant les questions.
Temps et ressources inégales. Les contributions nationales soulignent la pression temporelle pesant sur les bénévoles et le lien entre l’engagement et les contraintes socio-économiques. Les réseaux de pairs ne peuvent pas résoudre seuls les inégalités structurelles, mais ils peuvent s’assurer que l’information et l’encouragement ne soient pas concentrés parmi les personnes déjà privilégiées.
Des écarts régionaux et de la solitude dans l’engagement. Plusieurs pays évoquent une couverture régionale inégale et la charge qui pèse sur un petit nombre d’EuroPeers actifs. La leçon n’est pas que les réseaux entre pairs sont faibles ; c’est que les réseaux de pairs ont besoin d’un soutien adéquat pour être inclusifs et durables.
Ce que les décideurs politiques et les praticiens peuvent tirer du modèle EuroPeers
Si l’engagement des jeunes doit devenir plus qu’une participation épisodique, trois leçons se démarquent — plus deux souvent négligées.
1. Rendre l’Europe visible dans la vie quotidienne. Les jeunes, lors des consultations du Dialogue de la jeunesse estonien, appellent explicitement l’UE à « entrer dans leur monde » par un langage accessible, des canaux qu’ils utilisent et une présence directe dans les environnements de la jeunesse. Ils souhaitent que l’Europe ressemble moins à une lointaine « Bruxelles » et davantage à une réalité vécue.
2. Investir dans l’accompagnement humain, pas seulement dans l’information. Ces mêmes consultations soulignent que de nombreux jeunes valorisent des opportunités telles qu’Erasmus+ et le bénévolat, mais ne savent pas par où commencer et souhaitent un mentorat et un soutien accessible — surtout en dehors des centres urbains. EuroPeers propose un modèle évolutif de mentorat par le storytelling : des conseils crédibles parce qu’ils sont vécus.
3. Considérer les réseaux de pairs comme une infrastructure civique. EuroPeers est efficace car il ne s’agit pas seulement d’un format de campagne ; c’est une communauté avec des rôles, des routines et des apprentissages. La structure LTA — une coordination centrale combinée à une répartition des responsabilités — montre une manière de financer et de gouverner une infrastructure pair-à-pair sans nuire à la pertinence locale.
4. Utiliser le pair-à-pair pour renforcer les objectifs d’inclusion. L’inclusion ne s’obtient pas en ajoutant une phrase sur le « manque d’opportunités ». Cela nécessite une sensibilisation active, des modèles à suivre et des formats où les jeunes peuvent se reconnaître. La valeur d’EuroPeers réside dans la création de points d’entrée auxquels on peut s’identifier, surtout lorsque les contributions nationales soulignent que les opportunités ne me semblent toujours pas « faites » pour de nombreux jeunes.
5. Garder le modèle léger — mais soutenu correctement. Les réseaux de pairs prospèrent grâce à l’authenticité et à l’énergie bénévole. Mais la durabilité nécessite de petits soutiens pratiques : formation, rôles clairs, microfinancement pour les actions locales et reconnaissance. Lorsque ces éléments sont absents, l’engagement devient fragile et inégal, souvent concentré chez ceux qui disposent du plus de temps et de confiance.
Une réflexion finale
EuroPeers a commencé par un dilemme pratique — comment toucher les jeunes au-delà des cercles habituels — et a évolué en un mécanisme d’engagement européen. Son histoire rappelle que l’engagement des jeunes découle souvent de simples choix de conception : décentraliser, faire confiance aux jeunes pour diriger, et soutenir cette confiance par la formation et une structure claire.
Dans un contexte où les jeunes demandent une implication avec du sens et une communication favorable aux jeunes — et où la confiance dépend d’informations compréhensibles et accessibles — le pair-à-pair n’est pas un ajout secondaire. C’est une réponse stratégique à un problème réel : la distance entre les institutions et la vie quotidienne des jeunes. EuroPeers réduit cette distance, histoire par histoire, et ce faisant, il transforme l’expérience européenne en engagement européen.
Note de bas de page :
[1] Charlotte Millot et al., État d’esprit et engagement des jeunes en 2025 : Résultats du baromètre DJEPVA sur la jeunesse, INJEP Notes & Rapports, no 2025/15 (Paris : INJEP, 2025).
From a German pilot to a European alumni movement: how EuroPeers turns experience into engagement
By Peeter Lusmägi & Kai-Ines Nelson, Coordinator and Deputy Coordinator of the EuroPeers international network
In 2005, when the European Commission announced European Youth Week, the German National Agency made a counter-intuitive choice. Instead of concentrating energy into one flagship event, it invited young alumni of EU youth programmes to create many small, local actions. More than 100 young people took part in preparatory training and then organised over 100 different events across Germany—decentralised, peer-led, and close to everyday youth realities. The concept was simple: if the goal is to reach young people, let young people reach their peers.
A year later, something even more important happened. At the evaluation meeting, a large share of participants returned—around 60%—and many asked to continue. The peer-to-peer approach had become more than a one-off campaign; it had become a community. That moment is often described as the birth of EuroPeers: an alumni network of young people motivated to share authentic experiences from Erasmus+ Youth (and later the European Solidarity Corps) and to encourage others to participate.
Between 2006 and 2014, the network matured through practice. The core method remained the same—young people sharing experience directly with other young people—but the infrastructure around it grew: annual meetings, regular training in storytelling, public speaking and project management, and practical support for youth-led activities. The EuroPeers Network Guide describes this period as one of “expansion and refinement”, driven by shared enthusiasm and gradually clearer identity and structure.
Internationalisation also started organically. By 2010, Austria and Switzerland were involved in training sessions; in 2011 the first German-speaking international training course took place in Luxembourg. Small peer projects began to appear elsewhere too, while similar initiatives existed under different names in other countries. The early lesson was pragmatic: the idea travels well, but it needs translation into national youth realities and communication cultures.
In 2014, a strategic planning meeting helped translate this organic growth into a clearer European ambition. Six countries—Germany, Poland, Austria, Estonia, Norway and Belgium—collaborated to establish an international structure. In 2015, Berlin hosted a milestone format: National Agency representatives met in parallel with the EuroPeers annual meeting, and this collaborative model became a yearly routine. The Guide also notes an important spill-over effect: in 2017, the EuroPeers concept inspired the creation of EuroApprentices in vocational education, closely modelled on EuroPeers’ training concepts.
A further step toward stability came in 2020 with the formalisation of a strategic partnership led by the Estonian National Agency. The Long-Term Activity (LTA) launched in 2021, aims to strengthen coherence and capacity: a dedicated network coordinator, clearer work planning, improved digital presence, and a stronger focus on inclusion—especially reaching young people with fewer opportunities. The Guide links this phase to shared training materials, a renewed visual identity, and the launch of the international website and Instagram presence.
Today, EuroPeers operates as a transnational alumni community with a combined structure: central coordination for coherence, national ownership for relevance. As of 2025, the network functions as an LTA led by Estonia and involves fourteen active countries, each with its own national coordinator(s) and EuroPeers group.
This “hybrid” design matters. It keeps the network recognisable across Europe (shared values, shared training logic, shared identity) while allowing each country to organise EuroPeers in ways that fit local youth work traditions, school systems, geography, and programme landscapes.
What EuroPeers is—and why it matters now
The EuroPeers website defines the project in practical terms: EuroPeers are young people with experience in Erasmus+ Youth or the European Solidarity Corps who want to pass on that experience to others. They go to schools, youth clubs and public spaces; they run workshops, school presentations, street actions and exhibitions; they share stories online; and they provide accessible information about mobility and participation opportunities.
This clarity matters because many debates about youth engagement still start from the wrong diagnosis. Too often, youth disengagement is framed as a lack of interest or a “generation problem”. What practitioners and young people describe, again and again, is different: information is hard to navigate; institutions feel distant; and participation is invited too late to feel meaningful.
The 11th Cycle consultations of the European Youth Dialogue in Estonia capture this tension well. Young people value European identity, democracy, equality and freedom, but they also describe shortcomings in how these values translate into everyday life — especially around equality, minority rights, and being heard in decision-making. They link trust and engagement closely to understandable information and meaningful involvement; they often experience official information as too jargon-heavy and not youth-friendly, and many say they need more guidance and mentoring to access opportunities such as Erasmus+ — particularly in rural areas.
EuroPeers sits exactly at this conversion point. It helps transform abstract opportunities into something concrete and socially credible, because the messenger is not “the institution” but a peer with lived experience—someone who can answer the questions young people actually ask (“What was it really like?”, “Would I fit in?”, “How did you apply?”) in everyday language. In practice, EuroPeers does not just distribute information; it reduces uncertainty and lowers the psychological threshold of participation — two factors that often matter more than motivation itself.
Peer-to-peer as a strategy, not a slogan
The evidence from national inputs collected from EuroPeers coordinators and partners is strikingly consistent: peer-to-peer works because it reduces distance — social, cultural, and psychological.
In Latvia, colleagues describe that young people become much more engaged when information is shared peer-to-peer, informally and through real-life examples—especially in schools, youth centres, and youth-initiated events. They also name familiar barriers: many young people are not aware of EU youth opportunities or perceive them as complicated and “not meant for them”; young people outside Riga have less direct access to information and encouragement; and there is a shortage of trusted youth workers or supportive adults who can help young people take the first step.
Latvia also provides a good illustration of “engagement architecture”: the National Agency has supported large youth-driven festivals such as “Project Night” (around 150 participants) and “Hop on the Train” (around 80 participants), where young people are trained and become creators of the content — from idea development to leading activities and engaging others. In such settings, EuroPeers are not external promoters; they are part of a youth ecosystem where participation becomes normal and visible.
France shows a different landscape. Volunteering is already widespread—according to the INJEP, 43% of 15–30-year-olds report volunteering in the last twelve months, with 28% volunteering regularly [1]. Yet even in a country with strong civic pathways, engagement still depends on visibility, accessibility and trust. In other words: strong programme supply still needs human-scale connection and relatable messengers, especially for those who do not naturally “see themselves” in international mobility or EU programmes.
Sweden’s input adds a democracy lens. It notes a decline in the share of youth who believe they can make a difference in society (reported as 23%, down from 52% in 2019), alongside increased worry about the future of the democratic system. The analysis offered is telling: young people may feel that major issues—war, crime, the economy—are hard to influence, which can reduce perceived efficacy and participation. This is a reminder that youth engagement is not only about access to opportunities; it is also about rebuilding the feeling that participation matters, and that individual action can connect to collective change.
Across these different national contexts, the same mechanism repeats: when a peer says “I did it, here is what it was really like, and here is how you can start,” participation becomes more imaginable. EuroPeers turns “EU opportunities” from distant, institutional offers into socially shareable stories. That may sound soft—but it is a highly practical answer to the credibility gap many institutions struggle with.
How EuroPeers creates value—for young people and for institutions
EuroPeers’ impact is best understood as more than communications. The Network Guide highlights several functions that are relevant well beyond the Erasmus+ “bubble”.
Inclusive outreach and recruitment. By using grassroots connections and peer credibility, EuroPeers can reach groups that are typically harder to engage, including young people with fewer opportunities, young people outside major centres, and those who might never attend an “EU information day”. This is not only about geography; it is also about social proximity: EuroPeers can “translate” opportunities into the language and situations of everyday youth life.
A feedback channel and learning loop. EuroPeers are simultaneously beneficiaries and communicators; they can translate programme experience into practical signals for National Agencies and stakeholders — what works, what confuses, what excludes. In times when youth policies struggle with trust, such feedback loops are a governance asset: they bring lived experience into institutional learning without demanding that young people become policy experts.
Sustained civic participation after mobility. The Guide presents EuroPeers as a platform for active citizenship where alumni continue contributing long after their mobility experience—through actions in schools and youth centres, solidarity projects, youth exchanges, advisory groups, and sometimes paid junior trainer roles or content creation. This matters because many mobility programmes create “high points” in young people’s lives; EuroPeers helps turn those high points into longer trajectories of contribution and leadership, with visible roles and peer recognition.
Skills, confidence, and identity. One national input summarises the logic in a sentence: engagement creates more engagement. Young people who share experiences often grow in self-confidence and motivation; they practise communication and facilitation; they learn to plan small-scale actions; and they become more willing to do things for others. In that sense, EuroPeers is not only a network “for outreach”—it is also a youth development model that strengthens social and civic competencies through action.
The real-world “engagement barriers” EuroPeers addresses
If EuroPeers’ strength is trust, its relevance lies in the barriers it helps lower—many of which are highlighted in the national inputs and youth consultations.
Complexity and information overload. Young people do not need more PDFs. They need interpretation, reassurance and navigation. The Estonian Youth Dialogue consultations point to youth-friendly communication and accessible information as key conditions for participation.
The first-step problem. A large share of potential participants hesitates not because they reject international experience, but because they do not know how to begin or fear they will fail. EuroPeers reduces this anxiety by making the process human and by normalising questions.
Unequal time and resources. National inputs underline the time pressure on volunteers and the link between engagement and socioeconomic constraints. Peer networks cannot solve structural inequality alone, but they can make sure that information and encouragement are not concentrated among the already privileged.
Regional gaps and loneliness of engagement. Several countries refer to uneven regional coverage, and to the burden on a small number of active EuroPeers. The lesson is not that peer networks are weak; it is that peer networks need proper support to be inclusive and sustainable.
What policymakers and practitioners can take from the EuroPeers model
If youth engagement is to become more than episodic participation, three lessons stand out—plus two that are often overlooked.
1. Make Europe visible in everyday life. Young people in the Estonian Youth Dialogue consultations explicitly call for the EU to “step into their world” through accessible language, channels they use, and direct presence in youth environments; they want Europe to feel less like distant “Brussels” and more like a lived reality.
2. Invest in human guidance, not only in information. The same consultations emphasise that many young people value opportunities such as Erasmus+ and volunteering, but do not know where to start and want mentoring and accessible support—especially outside urban centres. EuroPeers offers a scalable model of mentoring-through-storytelling: guidance that is credible because it is lived.
3. Treat peer networks as civic infrastructure. EuroPeers is effective because it is not only a campaign format; it is a community with roles, routines and learning. The LTA structure—central coordination combined with distributed responsibility—shows one way to fund and govern peer-to-peer infrastructure without killing local relevance.
4. Use peer-to-peer to strengthen inclusion goals. Inclusion is not achieved by adding a sentence about “fewer opportunities”. It requires active outreach, role models, and formats where young people can recognise themselves. EuroPeers’ value lies in creating relatable entry points, especially when national inputs highlight that opportunities still feel “not for me” to many young people.
5. Keep the model lightweight—but support it properly. Peer networks thrive on authenticity and volunteer energy. But sustainability requires small, practical supports: training, clear roles, micro-funding for local actions, and recognition. When these are missing, engagement becomes fragile and uneven, often concentrated among those with the most time and confidence.
A concluding reflection
EuroPeers began with a practical dilemma—how to reach young people beyond the usual circles—and evolved into a European engagement mechanism. Its history is a reminder that youth engagement often grows from simple design choices: decentralise, trust young people to lead, and back that trust with training and structure.
In a context where young people ask for meaningful involvement and youth-friendly communication—and where trust depends on information that is understandable and relatable—peer-to-peer is not a soft add-on. It is a strategic answer to a real problem: the distance between institutions and everyday youth life. EuroPeers reduces that distance, one story at a time, and in doing so it turns European experience into European engagement.
Footnote:
[1] Charlotte Millot et al., État d’esprit et engagement des jeunes en 2025 : Résultats du baromètre DJEPVA sur la jeunesse, INJEP Notes & Rapports no. 2025/15 (Paris: INJEP, 2025).













