Par Pierre Berlioz, Professeur à l’université Paris Cité, Avocat au barreau de Paris L’Europe sociale a-t-elle un avenir ? À chaque crise – pandémie, inflation, mutations numériques –, la question resurgit : pourquoi l’Union, si prompte à légiférer sur le marché intérieur, peine-t-elle autant à protéger ceux qui le font vivre ? Les salariés polonais, portugais ou allemands partagent une monnaie, des frontières ouvertes, une forme de citoyenneté commune. Mais leurs droits au travail, eux, restent radicalement différents. Pour certains, il est temps de franchir un cap : bâtir une véritable codification européenne du droit du travail, capable de hisser tous les travailleurs vers le haut. Pour d’autres, ce serait une aventure institutionnelle hasardeuse, qui étoufferait les traditions nationales et le dialogue social. Derrière ce débat se joue la promesse inscrite depuis 1957 dans les traités, et reprise aujourd’hui par l’article 151 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
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