Quel rapport à l’Europe après le referendum britannique ?

Retrouvez le résumé de la conférence qui s’est tenue le 28 novembre 2016 au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur le thème « Quel rapport à l’Europe après le référendum britannique ? ».

Alors même que nous n’avons jamais été aussi interdépendants, le referendum britannique renforce les risques de désintégration de l’Europe. Il révèle un triple diagnostic valable pour les autres pays européens : une crise identitaire, de défiance entre Etats et peuples européens, une crise de notre mode de développement économique, social, environnemental, une crise de nos démocraties nationales et européenne.
Quel est le destin commun que nous voulons partager ?

Au fond, le référendum britannique doit nous conduire d’abord à un examen de conscience, à la lumière de perspectives portées par d’autres pays européens. Quels sont les enjeux posés par cette crise d’identité et les défis de construction d’une identité européenne ? Que voulons-nous pour nous-mêmes ? Nos débats seront ensuite structurés en trois temps : Qu’acceptons-nous de partager au sein de l’Union européenne? de la zone euro ? Comment revivifier la démocratie européenne ?

Au sein de l’Union européenne à 27, les citoyens placent aujourd’hui la sécurité intérieure et extérieure au premier rang de leurs préoccupations, dans un contexte de menaces croissantes (Russie, terrorisme islamiste…). Dès lors, faut-il céder à la tentation du repli national ou sécuriser les frontières extérieures de l’Union dans une Union de la sécurité ? La liberté de circulation des personnes doit-elle être considérée comme une liberté périmée ou une liberté inséparable des autres ? Faire de Schengen un véritable espace de sécurité et de liberté peut-il contribuer à réunir des Européens autour d’un projet non confiné à la zone euro ?

Dans le même temps, les mutations accélérées (mondialisation, démographique, numérique, énergétique et écologique…) auxquelles nous sommes confrontés sont porteuses de risques, mais aussi d’opportunités, à condition de se donner collectivement les moyens de réinventer notre mode de développement. Le marché intérieur doit-il être un lieu de rivalités nationales dans la mondialisation ? Sommes-nous prêts à des convergences sociales, fiscales, des standards communs là où c’est stratégique ? Quel avenir offrir à la jeunesse pour conjurer le risque de « génération perdue » ? Si ce sont les Etats-Membres qui ont la responsabilité première des systèmes d’éducation et de formation et de marché du travail, que pourrions ou devrions-nous faire ensemble ?

Le Brexit est perçu par certains comme le momentum pour débloquer le débat sur le premier cercle, la zone euro, figé depuis plusieurs années derrière des lignes rouges, alors que les chocs asymétriques et les divergences de compétitivité menacent l’UEM. Alors qu’il existe des lectures nationales différentes, quelles sont les conditions d’un compromis possible pour consolider efficacement une union économique et monétaire capable de déployer un projet politique d’investissement dans une croissance soutenable et de lutte contre le chômage.
Quels éléments de deal possible sur l’Union bancaire, l’Union budgétaire, l’Union économique ? Et comment articuler ce renforcement de la zone euro avec la nécessité de renforcer parallèlement le deuxième cercle, l’Union européenne à 27 ?

Enfin, le Brexit a mis en évidence un constat de crise de nos démocraties nationales et européenne. Comment une forme de démocratie participative peut-elle permettre aux citoyens européens de participer à la rénovation de la démocratie représentative ? Comment permettre aux citoyens européens de choisir parmi de véritables options de long terme ? Quel rôle pour une société civile européenne encore en construction ? Quelles réformes de gouvernance pour démocratiser les conditions d’exercice post-élections de nos démocraties nationales et européenne et rétablir la confiance?