Solidarity Tour en étape à Belgrade : A la rencontre d’un pays candidat à l’adhésion

Auteur : Lorène Weber

Chargée de mission Finance & Jeunes pour Confrontations Europe

Du 6 au 8 novembre derniers, Confrontations Europe a posé ses valises à Belgrade pour la cinquième étape de son Solidarity Tour. L’occasion de réunir nos jeunes participants issus de sept pays européens (Belgique, France, Grèce, Hongrie, Pologne, République tchèque et Serbie) ainsi que des lycéens de Belgrade autour de la thématique de l’intégration européenne et de la politique d’élargissement de l’UE. Une question complexe, peu débattue au sein des sociétés civiles européennes, mais qu’il nous semblait primordial d’aborder.

Confrontations Europe a tenu à inclure un Etat non membre de l’Union européenne, mais candidat à l’adhésion, dans le Solidarity Tour : la Serbie. Notre séminaire à Belgrade s’est tenu dans un contexte particulier : quelques semaines après le blocage de l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du nord à l’UE, pays voisins de la Serbie.

 

Le groupe du Solidarity Tour en visite au Musée de l’Histoire de la Serbie.

 

L’adhésion : renonciation ou  nécessité ?  

 

Ce séminaire a été riche en débats et échanges d’opinion, dans la mesure où les lycéens de l’école secondaire de construction navale de Belgrade, notre partenaire sur place, étaient divisés sur l’opportunité de l’appartenance de leur pays à l’UE. Si pour certains, l’adhésion à l’Union européenne est une nécessité allant dans le sens de l’histoire, d’autres y voient la renonciation à leur souveraineté nationale et préféreraient que se noue  une coopération régionale avec les pays voisins des Balkans. D’un point de vue économique et politique, certains participants estiment que la Serbie doit régler seule ses problèmes internes, point de vue non partagé par tous. « Nos politiciens sont corrompus, le travail au noir est omniprésent et rien ne change, comment améliorerait-on notre situation seuls, sans l’UE ? » a relevé une participante serbe installée en Hongrie. Certains participants grecs, dont le souvenir de la gestion de la crise économique et financière en Grèce par l’UE a laissé un goût amer, mettent en garde contre de trop hautes attentes quant à l’appartenance à l’UE, en particulier sur le plan économique. « L’appartenance à l’UE bouleverse l’identité économique des pays, mais respecte leur identité culturelle », a affirmé l’un d’entre eux. La question du Kosovo a également fait débat : certains participants serbes estimant que ce territoire devait être intégré à la Serbie, et d‘autres  participants européens se déclarant en faveur de l’indépendance du Kosovo.

 

Histoire partagée

 

Le programme culturel a par ailleurs permis une meilleure prise de conscience de l’histoire partagée des Européens. De Varsovie à Belgrade, en passant par Prague, Budapest et Athènes, les différents musées et lieux historiques visités ont permis à la fois une meilleure connaissance de l’histoire nationale des pays visités, mais aussi et surtout de l’histoire partagée liant les Européens, en particulier au cours du vingtième siècle.

 

Eveiller l’européanité de jeunes issus de pays et de parcours différents, ces « oubliés d’Erasmus », a été au cœur du Solidarity Tour, à la fois au sein des ateliers participatifs ayant permis aux participants d’échanger sur des thématiques-clés de l’Europe d’aujourd’hui, grâce à un programme culturel et historique riche, et à travers des  liens d’amitié qui se sont tissés entre des jeunes qui n’auraient jamais au l’occasion de se rencontrer sans le Tour.

 

« Le Solidarity Tour est une belle opportunité de rencontrer de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, de nouvelles perspectives. Cela permet de mieux comprendre les enjeux européens et de comprendre comment pensent les autres, en échangeant avec des personnes venant d’ailleurs et ayant des points de vue différents. C’est un projet très important pour les jeunes, et je suis très reconnaissant d’y participer », a déclaré un participant polonais.

 

Le projet Solidarity se conclura le 18 décembre prochain par une conférence finale de restitution à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Une centaine de jeunes pourront présenter leurs recommandations devant des acteurs politiques, économiques et de la société civile. Et faire avancer des débats qui au sein de l’UE apparaissent bloqués, ou aux avancées poussives.