Solidarity Tour en étape à Athènes : Mieux comprendre les migrations

Auteurs :

Lorène Weber, Chargée de mission Finance et Jeunes pour Confrontations Europe

Clotilde Warin, Responsable des questions de migrations pour Confrontations Europe et Rédactrice-en-chef de la Revue

Du 16 au 18 octobre derniers, Confrontations Europe s’est rendue à Athènes et Belgrade pour la quatrième étape de son « Solidarity Tour ». L’occasion de réunir des jeunes issus de sept pays européens (Belgique, France, Grèce, Hongrie, Pologne, République tchèque et Serbie) autour d’une thématique-clé pour l’Europe d’aujourd’hui (et de demain) : la question des migrations.

Clotilde Warin, en charge des questions de migrations pour Confrontations Europe, et Zoe Kokalou de l’association ARSIS, échangent avec les jeunes participants du Solidarity Tour.

Pour traiter de la politique européenne d’asile et de migration, parmi les sept pays retenus pour le Solidarity Tour, la Grèce apparaissait comme le pays le plus pertinent, car le plus touché. Comme l’Italie, plus récemment l’Espagne ou même Malte, la Grèce est un pays de première entrée des demandeurs d’asile et est d’autant plus soumis à une pression migratoire forte qu’il n’existe pas de politique d’asile et de migration juste, équitable et proportionnée au niveau européen. L’avis en Europe est unanime pour dire que le Règlement de Dublin, qui demande aux pays de première entrée de prendre en charge l’examen des demandes d’asile, ne fonctionne pas. Et doit être réformé. De fait, au mois de septembre, la Grèce est redevenue l’une des premières portes d’entrée de demandeurs d’asile en Europe.

 

Mineurs non accompagnés

 

Les jeunes participants du Solidarity Tour, toutes nationalités confondues, ont eu de riches échanges avec notre partenaire sur place, l’association grecque ARSIS (Association for the Social Support of Youth), qui vient en aide aux réfugiés et demandeurs d’asile à Athènes, et en particulier aux mineurs non accompagnés, de multiples façons (centres d’accueil, cours de langues, insertion scolaire, appui administratif, inclusion sociale, activités sportives et culturelles…). Notre groupe a notamment eu l’opportunité de se rendre dans un centre d’accueil pour mineurs non accompagnés géré par ARSIS, et a pu visionner un documentaire retraçant le parcours de demandeurs d’asile et de réfugiés afghans en présence du réalisateur dans les locaux de la Cinémathèque de Grèce.

 

Les échanges d’expériences et discussions ont amené nos participants à émettre des recommandations allant dans le sens de davantage d’inclusion des réfugiés et demandeurs d’asile au niveau des politiques nationales et européennes, pour soutenir les ONG sur place. Parmi leurs propositions, figurent notamment la mise en place de davantage de centres d’hébergement, un soutien administratif et linguistique, un meilleur accompagnement des établissements scolaires, une promotion de l’inclusion par le sport, la culture et l’éducation non formelle, le respect de la culture d’origine dans le processus d’intégration à la culture locale, ou encore des espaces d’échanges et d’activités communes entre migrants et locaux. Nos participants ont été écoutés par des représentants de la Commission européenne en Grèce, du Ministère de la Protection du Citoyen, du Haut Commissariat pour les Réfugiés (UNHCR) et de l’ONG Médecins Sans Frontières qui assure des soins dans les îles aux abords des camps. Les échanges ont été riches, parfois tendus sur ce sujet sensible, et le public de cette table ronde était non seulement composé des participants de Solidarity Tour, mais également de réfugiés, de demandeurs d’asiles, pour certains arrivés très récemment en Grèce,  et de membres de l’association ARSIS.

 

Loin des discours partisans

 

Le fait d’aller directement à la rencontre d’une association de terrain, de réfugiés et demandeurs d’asile et d’acteurs directement impliqués (qu’ils représentent des institutions politiques ou des ONG) permet de mettre des visages, d’entendre des histoires souvent tragiques (comme cette jeune femme afghane qui avait perdu en mer son mari et ses deux enfants deux mois plus tôt) et de mieux décrypter les réalités de ce sujet complexe et bien souvent déformé par certains médias ou discours partisans. Les jeunes participants du Solidarity Tour ont d’ailleurs pour beaucoup tenu à féliciter et remercier les membres d’ARSIS pour leurs actions, ainsi que le réalisateur du documentaire pour son travail. Et, pour certains, sont revenus avec une idée différente de la motivation des candidats à l’exil.