Edito

Par Michel Derdevet

Président de Confrontations Europe

À l’heure où la Conférence sur l’Avenir de l’Europe engage ses travaux, et où notre pays prépare activement la présidence du Conseil de l’Union au 1er semestre 2022, il est plus que jamais nécessaire de souligner l’enjeu de disposer d’analyses, de décryptages et d’expertises de qualité, s’inscrivant dans le temps long.

Nos amis britanniques le savent bien, qui « inventèrent» en 1884 le premier think tank, la Fabian Society, suivi en 1920 du Royal Institute of International Affairs, plus connu sous le nom de Chatham House.

Pour nous français, l’exercice est plus complexe, car à la différence de l’Allemagne ou d’autres États membres, les laboratoires d’idées n’appartiennent pas à notre tradition politique, toute empreinte d’une relation directe avec les citoyens et d’une méfiance/défiance vis-à-vis de toute intermédiation.

Et pourtant, à l’heure des infox et de la désinformation organisée sur les sujets européens, il y a là une vraie priorité!

 L’existence d’organisations productrices d’idées est un enjeu essentiel pour les démocraties européennes, car comme le soulignait déjà Auguste Comte, ce sont plus que jamais les idées qui gouvernent le monde. En ce sens, des think tank comme Confrontations Europe, mais aussi nos amis de l’Institut Jacques Delors, d’Europartenaires, d’Europanova ou de la Fondation Robert Schuman font un lien utile entre le monde de la recherche et les décideurs poli- tiques, apportent une rigueur académique à l’étude des problèmes européens contemporains, aident à mettre au point les agendas politiques en dressant des ponts entre le savoir et le pouvoir, et enfin contribuent à éclairer le débat public.

Forgées il y a trente ans, les ambitions de Confrontations Europe restent aujourd’hui intactes: offrir une vision indépendante des intérêts industriels ou corporatistes, construite sur l’exploration de champs pluridisciplinaires; informer et influer sur les politiques européennes grâce aux travaux menés par nos différents groupes de travail; œuvrer dans un esprit d’ouverture et de transversalité.

Comme notre Manifeste le rappelle en page 6, cette ambition nous oblige à être parfaitement indépendants et totalement engagés dans le projet d’une Europe forte, citoyenne et ouverte sur le monde. Cette exigence couplée à la richesse des propositions formulées par Confrontations Europe ces dernières années sont à nos yeux des atouts pour notre démocratie. Elles participent ainsi à forger ce lien indispensable entre les citoyens et les décideurs.

Cela suppose un soutien de tous, et je tiens à remercier toutes celles et ceux qui, à titre individuel, font l’effort financier de nous soutenir, ainsi que les nombreuses entreprises, secteurs professionnels et organisations syndicales qui, malgré la crise économique majeure engendrée par la Covid-19, continuent de nous encourager. Ils nous permettent de continuer à avancer, indépendamment de tout intérêt particulier, politique ou partisan.

Ainsi, cette revue, seule publication imprimée en français dédiée intégralement aux affaires européennes, est devenue le lieu priviégié du dialogue entre chercheurs, décideurs politiques et acteurs du monde économique et social, permettant de faire émerger une analyse originale sur l’intégration européenne.

Elle est la plateforme de réflexions capable de rassembler tous les penseurs et acteurs de l’Europe, en s’intéressant aux nombreux enjeux et défis auxquels l’Union doit faire face, au premier rang desquels : la lutte contre la pandémie de Covid-19, la relance de notre économie, et les transitions écologiques et numériques.

Plus que jamais, elle s’adresse à celles et ceux qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice européen, en continuant à réfléchir, échanger et inventer, pour une Europe fidèle à ses valeurs et ses engagements.

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