Le Pacte Mondial sur les Migrations | Radio RCF

Anne MACEY

Déléguée générale de Confrontations Europe

Plus de 150 pays ont approuvĂ© le Pacte Mondial sur les Migrations lundi 10 dĂ©cembre Ă  Marrakech. De quoi s’agit-il ?

Un pays ne peut pas faire face tout seul aux migrations. Il faut prendre le problĂšme Ă  la racine. Elles doivent ĂȘtre maĂźtrisĂ©es par les États dans le cadre d’une coopĂ©ration internationale entre pays d’origine, de transit et de destination. C’est par la coopĂ©ration que nous parviendrons Ă  ĂȘtre plus efficaces face aux migrations illĂ©gales, et Ă  dĂ©manteler les rĂ©seaux de passeurs et de criminels.

Le Pacte Mondial sur les Migrations élaborĂ© dans le cadre de l’ONU permet l’échange d’informations et recense les bonnes pratiques dont les Etats peuvent Ă©ventuellement s’inspirer pour une coopĂ©ration plus efficace. Il a Ă©tĂ© approuvĂ© par 162 Etats dont la France via le secrĂ©taire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne, mĂȘme si 9 pays se sont retirĂ©s, dont 5 d’Europe centrale (Autriche, Hongrie, Pologne, RĂ©publique tchĂšque, Slovaquie,
). Mais ce texte fait l’objet de fausses rumeurs.

Justement
les Etats demeurent-ils libres de dĂ©terminer eux-mĂȘmes leur politique migratoire, de combattre les migrations illĂ©gales ?

Bien Ă©videmment que les Etats sont libres : le texte rĂ©affirme comme d’habitude la souverainetĂ© nationale de chaque Etat, libre de dĂ©terminer sa politique migratoire comme il l’entend. Ceux qui disent que le Pacte impose d’accepter les migrations mentent. C’est faux ! Le Pacte distingue clairement entre les rĂ©fugiĂ©s et les migrants Ă©conomiques. Il n’y a que les rĂ©fugiĂ©s qu’il est de notre devoir d’accueillir parce qu’ils fuient les persĂ©cutions. Il n’appartient pas au droit international de nous dire quelles sont les migrations lĂ©gales ou illĂ©gales !

Pourrait-il ĂȘtre invoquĂ© par des juges et si oui, 
 que se passerait-il alors ?

Le Pacte ne crĂ©e aucun droit supplĂ©mentaire pour les migrants. Il ne crĂ©e aucune obligation juridique, c’est-Ă -dire qu’il n’impose rien contre notre grĂ©. Un juge pourrait-il s’y rĂ©fĂ©rer ? 
 Mais qui donc pourrait bien avoir peur du juge ? Des rĂ©seaux criminels qui pratiquent la traite des personnes, femmes et enfants, ou l’esclavage ? Des extrĂ©mistes qui rĂȘvent un jour de parquer comme des bĂȘtes ou de rejeter Ă  la mer des migrants, femmes et enfants, et tant pis s’ils se noient ? 
 J’espĂšre bien que nous ne tolĂ©rerons plus jamais cela dans notre pays ni en Europe ni en Afrique ou ailleurs dans le monde !

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