La Hongrie, l’Europe et le vote de l’article 7 | Radio RCF

Anne MACEY

Déléguée générale, Confrontations Europe

Le Parlement europĂ©en a votĂ© l’article 7 contre la Hongrie pour non-respect de l’Etat de droit, Anne Macey nous explique la situation dans l’interview hebdomadaire sur RCF du vendredi 7 septembre.

Il ne s’agit pas lĂ  de « punir » un peuple europĂ©en, mais au contraire de protĂ©ger les citoyens hongrois, beaucoup d’entre eux ne se retrouvant pas derriĂšre leur dirigeant, d’agir face au risque de violation grave de l’Etat de droit au sein de l’Union europĂ©enne.

Ce n’est pas parce qu’un homme, un parti gagne des Ă©lections nationales, en l’occurrence, le Premier ministre hongrois Victor Orban, que cela l’autorise Ă  dĂ©truire les media indĂ©pendants, les associations, Ă  refuser tout secours aux demandeurs d’asile, Ă  concentrer tous les pouvoirs. Nous avons construit l’Europe justement parce que nous voulions ĂȘtre sĂ»rs d’éviter que ce type de drame recommence.

Et mercredi, c’est une trĂšs bonne nouvelle pour l’Europe, les dĂ©putĂ©s europĂ©ens ont votĂ© Ă  la majoritĂ© des 2/3 pour engager la procĂ©dure dite de l’article 7 qui vise Ă  faire pression sur  l’Etat hongrois. Mais ce n’est qu’une premiĂšre Ă©tape ? Pour engager cette procĂ©dure de sanction, qui peut aller jusqu’à suspendre le droit de vote de cet Etat, il faudra que tous les Etats soient d’accord. Or la Pologne sous le coup de la mĂȘme procĂ©dure devrait s’y opposer. Il est donc peu probable que cette procĂ©dure aille jusqu’au bout.

Le vote de l’article 7 montre que Orban a Ă©tĂ© soutenu par les partis extrĂ©mistes et eurosceptiques, mais qu’une partie de son propre groupe politique europĂ©en, le parti populaire europĂ©en, PPE, disons la droite traditionnelle, principale force politique au PE, l’a lĂąchĂ©, en votant la procĂ©dure contre Victor Orban. Il faut dire que ce groupe fait le grand Ă©cart puisqu’il comprend des membres du centre droit proeuropĂ©en, dont le parti d’Angela Merkel, et 
 le parti d’Orban. Va-t-il exploser ? Certains aimeraient bien virer du groupe, mais le prĂ©sident du Parti Populaire EuropĂ©en, espĂšre « garder tout le monde », son parti Ă©tant en perte de vitesse pour les Ă©lections qui s’annoncent, d’autant qu’il est candidat Ă  la prĂ©sidence de la Commission europĂ©enne.

Deux options sont possibles : une fragmentation plus importante des forces politiques au sein du Parlement europĂ©en
 ou une recomposition des forces politiques europĂ©ennes, avec un regroupement des partis extrĂȘmes antieuropĂ©ens, aujourd’hui divisĂ©s en plusieurs groupes politiques. Dans ce cas, vaudrait mieux qu’il y ait une plateforme large au centre qui veuille transformer l’Europe plutĂŽt que la dĂ©truire !

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