Dans cet épisode d’Échos d’Europe, Michel Derdevet revient sur l’analyse du Député européen François Kalfon consacrée à la souveraineté technologique européenne. Le constat est préoccupant : l’Union européenne accuse un retard croissant face aux États-Unis et à la Chine, comme le souligne notamment le rapport Draghi. En l’espace de deux décennies, l’écart économique s’est creusé, tandis que les grandes entreprises américaines dominent les secteurs stratégiques, en particulier l’intelligence artificielle, où l’Europe peine à exister à l’échelle mondiale.
Plusieurs facteurs structurels expliquent ce décrochage. L’Union investit insuffisamment dans la recherche et l’innovation, limitant l’émergence de technologies de rupture et de champions industriels. À cela s’ajoute une dépendance accrue dans des secteurs clés comme les semi-conducteurs, les batteries ou le numérique. Enfin, l’Europe reste attachée à une logique de libre-échange, là où ses concurrents déploient des politiques industrielles offensives et protectionnistes pour soutenir leurs entreprises.
Face à ce constat, François Kalfon appelle à un changement d’échelle. Il plaide pour une politique industrielle européenne plus ambitieuse, fondée sur des investissements massifs et des financements communs. Il propose également de conditionner davantage les aides publiques et les marchés stratégiques à une production européenne, notamment dans la défense, l’énergie et les transports. Au-delà de l’économie, la souveraineté technologique apparaît désormais comme un enjeu central d’autonomie stratégique et de puissance pour l’Union européenne.













