L’annulation de la dette publique auprès de la BCE : une idée dangereuse qui masque les vrais enjeux de l’après-Covid

Dominique Perrut

Dominique Perrut, consultant et chercheur indépendant, revient pour Confrontations Europe, sur la question épineuse de l’annulation de la dette publique auprès de la BCE.

Les récents appels à l’annulation de la dette publique due à la BCE aiguillent le débat sur la relance post-Covid sur une piste aussi dangereuse qu’impraticable, que ce soit d’un point de vue juridique, politique ou financier. C’est l’occasion de rappeler que l’Union et la zone euro affrontent aujourd’hui trois grands défis : – celui d’une relance capable de faire converger les économies nationales ; – celui des transitions climatique et numérique ; – et aussi, le redoutable défi d’une exclusion sociale exacerbée, à laquelle l’Union n’apporte pas de véritable réponse.

Si les responsables de l’Union ont mis en place des réponses originales et ambitieuses aux deux premiers défis, (avec les mesures anti-crise, le Plan de relance et InvestEU), on ne discerne pas d’amorce d’une politique à la hauteur des valeurs de l’Europe, pour répondre à la grave crise sociale qui s’annonce. C’est là une ardente obligation politique, et même éthique face à un problème central pour la cohésion de l’Union et l’adhésion des populations au projet européen.

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