Dialogue et changement

Philippe HERZOG

Président fondateur de Confrontations Europe

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Le mouvement « Nuit debout » exprime le besoin d’un grand changement et il rĂ©unit des gens qui n’attendent pas que les idĂ©es et la volontĂ© viennent des dirigeants politiques. Nous sommes nombreux Ă  partager ce point de vue. Confrontations Europe est un des lieux et mouvements de sociĂ©tĂ© civile qui travaillent Ă  Ă©laborer des solutions et une vision. Agir pour le changement soulĂšve des questions d’éthique de pensĂ©e et d’action. Nous nous efforçons de dĂ©couvrir et analyser les rĂ©alitĂ©s – une longue crise et des mutations extraordinaires -, et nous savons qu’il faut rĂ©soudre des contradictions profondes pour assumer des tĂąches difficiles. D’autre part, le but est de contribuer Ă  rĂ©unir une large partie de la population par le dialogue et en vue de sa participation Ă  ces enjeux, plutĂŽt que de la rallier Ă  une cause.
Les solutions doivent ĂȘtre partagĂ©es, donc mĂ»rir dans la confrontation des vues de gens d’expĂ©riences diffĂ©rentes, qui ne fuient pas les conflits mais cherchent Ă  les rĂ©soudre ensemble de façon crĂ©ative. Notre dĂ©mocratie dĂ©lĂ©gataire est un obstacle. Les sources des dirigeants politiques proviennent d’un petit nombre d’affidĂ©s et leur « synthĂšse » surfe sur ce qu’ils croient ĂȘtre l’opinion du peuple, avec le souci premier de garder « le pouvoir ».
Le besoin d’un grand changement en Europe s’exprime beaucoup plus, mais la maturation des rĂ©ponses est encore trop faible parce qu’elle est enfermĂ©e dans des espaces nationaux, dans des cercles consensuels, et les sphĂšres institutionnelles ne bousculent pas leur façon d’ĂȘtre. Il y a besoin d’un dialogue transnational approfondi. Nos sociĂ©tĂ©s civiles sont dissemblables. Pas d’unitĂ© sans effort de partage. Il ne faut pas renouveler la faute qu’a Ă©tĂ© la tentative de Constitution du dĂ©but des annĂ©es 2000, un projet concoctĂ© d’ « en haut » par des « élites » et Ă©lus. L’échec a laissĂ© des blessures profondes, et la crise aidant, les peuples se replient dans leurs cadres nationaux, l’Union se fragmente et risque de se dĂ©composer.
Des rĂ©formes des TraitĂ©s il en faudra, mais auparavant il faut rapprocher les nations en rĂ©pondant aux questions vitales qui les intĂ©ressent : avec quelles valeurs, quels engagements pouvons-nous rĂ©soudre ensemble les problĂšmes fondamentaux du chĂŽmage et de l’exclusion, du changement du rĂ©gime de croissance, de la sĂ©curitĂ©-dĂ©fense et de l’action extĂ©rieure de l’Europe
 ? Quels partages de souverainetĂ© cela implique ? Aujourd’hui, l’Union abuse de la gouvernance par les rĂšgles parce que les États refusent des politiques communes. Changer cela est impossible si chacune de nos sociĂ©tĂ©s ne pense qu’à elle-mĂȘme, et projette ses vues sur les autres sans accepter l’épreuve de l’altĂ©ritĂ©.
Les dirigeants des États ne comprennent pas que le changement exige de faire appel Ă  la conscience et la participation des gens. Ils parlent de valeurs et de solidaritĂ©s de façon incantatoire alors que chacun voit midi Ă  sa porte. Ainsi la France aime faire la leçon aux autres mais refuse l’accueil des rĂ©fugiĂ©s.
La vision que proposent inlassablement certaines Ă©lites europĂ©ennes, celle des États-Unis d’Europe, est hors des rĂ©alitĂ©s actuelles : nos nations ne veulent pas de dĂ©lĂ©gation Ă  un État supranational. En revanche, elles sont disposĂ©es Ă  entendre pourquoi et comment nous sortirons de la crise si nous partageons plus de politiques rĂ©pondant directement aux problĂšmes qui nous sont communs. Il va falloir imaginer une Union politique qui accepte la diffĂ©rence des nations, mais les oblige Ă  clarifier les choix collectifs qu’elles acceptent de partager.
Quel que soit le rĂ©sultat du 23 juin, la question du Brexit est une occasion manquĂ©e de dĂ©bat sur le sens et la mĂ©thode d’une refondation. Le rĂ©flexe français, « on sera mieux si les Anglais sont dehors », est tout sauf rĂ©flĂ©chi. Les Britanniques veulent vĂ©rifier/confirmer ou non leur appartenance Ă  l’Union, d’autres peuples aimeraient aussi le faire. Mais la voie d’un rĂ©fĂ©rendum est la plus mauvaise, elle enferme entre « oui » et « non », et la campagne des dirigeants britanniques pro-europĂ©ens ne donne pas argument pour l’avenir. La seule question ayant valeur dĂ©mocratique serait : de quel grand changement l’Europe a besoin, et comment le rĂ©aliser ? Un dialogue dans la vĂ©ritĂ© des problĂšmes, entre des contributeurs qui devront quitter toute suffisance, toute rivalitĂ©, toute pensĂ©e unique, sans vouloir imposer leurs solutions : c’est urgent. Je compte prĂ©senter bientĂŽt une contribution en ce sens.

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