L’Europe nous protège-t-elle ? | RCF Radio

Anne MACEY

Déléguée générale de Confrontations Europe

Le Plan Européen d’Investissement actuellement en discussion comprend un volet d’investissement social. Dans un contexte où beaucoup d’Européens, de tous âges, des femmes seules avec enfants, vivent dans des conditions très difficiles, l’Europe peut-elle nous protéger ? Investir en nous pour nous aider à nous en sortir ?

Aujourd’hui nos modèles sociaux européens, auxquels nous sommes très attachés, sont beaucoup trop lents pour répondre aux nouveaux risques et réalités que vivent les gens. Des inégalités intolérables et des divergences croissantes se développent entre pays, entre régions et entre les gens. Elles minent la cohésion sociale, mais aussi le dynamisme économique. C’est là le principal défi à relever en Europe.

Ainsi parmi les investissements de long terme, c’est l’investissement dans les hommes et les femmes dont les besoins sont les plus importants… et les moins satisfaits ! Nous sommes face à un sous-investissement chronique pour répondre aux besoins actuels et futurs qui vont beaucoup évoluer.

Il va falloir investir massivement dans le développement des capacités humaines, c’est-à-dire dans l’éducation, la formation pour développer les compétences, les garde d’enfants, la santé, l’intégration sociale et professionnelle des réfugiés. Et investir dans les entreprises sociales, les infrastructures sociales, c’est-à-dire les hôpitaux, les écoles, le logement qui doit être abordable pour ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens et ne pas être une passoire thermique.

Mais dans un contexte de financement public contraint, où beaucoup d’Etats (on pense à l’Italie) mais aussi de régions sont en difficulté financière, on fait comment ?

La priorité de l’Europe doit être de mettre les moyens là où il y en a le plus besoin, dans les régions où les gens ont des revenus plus bas pour leur permettre de s’en sortir par le haut. Aujourd’hui, les investissements sociaux sont financés à 90% par des financements publics et sont souvent des petits projets moins attractifs pour les gros investisseurs qui aiment bien les gros projets. Mais on peut parfaitement regrouper ces petits projets pour en faire des gros projets, ça permet aux investisseurs de diversifier leurs risques, et de s’assurer de l’impact social positif sur la société européenne. C’est ce que le Plan européen d’investissement, appelé le Plan Juncker, a commencé encore trop modestement à faire. C’est ce que le successeur du Plan Juncker, appelé InvestEU, devra faire beaucoup plus massivement si on veut reprendre notre destin entre nos mains.

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