Emploi, régions et Europe

Katarina CIRODDE

Chargée de mission de Confrontations Europe

Le séminaire s’est tenu autour des intervenants suivants:

  • Clémentine DARMON, auteure du rapport “La révolution des métiers”, EY
  • Juan Manuel REVUELTA, directeur de Finnovaregio, ancien président d’ERRIN (European Regions Research and Innovation Network)
  • Carine SEILER, directrice du pôle “politiques de formation” de Sémaphores

La problématique était la suivante:
Depuis 2008, les disparités régionales s’accentuent en termes de taux de chômage et d’emploi au sein de l’Union européenne, tout comme les écarts en termes de PIB/habitant.
Les administrations locales et régionales, en charge de près des deux tiers de l’investissement public[1] au sein de l’UE, s’imposent comme un échelon pertinent d’action. Les politiques d’emploi et de formation sont de plus en plus territorialisées sur des marchés locaux du travail. Les résultats inégaux de ces politiques invitent à mieux cerner les conditions nécessaires au processus dynamique d’ajustement de la relation formation-emploi mis en cause depuis des décennies dans plusieurs pays de l’Union et au bon fonctionnement des marchés du travail. En effet, «  les performances des entreprises, leurs capacités de rebond dépendent des ressources humaines, infrastructures, R&I, tissu de PME, qualité de l’information entre acteurs publics et privés…»[2]. Par leur proximité, les régions connaissent les différents acteurs de leur territoire (entreprises grandes et petites, système éducatif et de formation, centres de R&I, partenaires sociaux…).

  • Comment concrètement les régions participent-elles –ou non- à l’éclosion et au développement d’écosystèmes favorables à l’innovation et à l’emploi ? Dans quelle mesure la gouvernance économique des territoires associe-t-elle grandes entreprises, PME, partenaires sociaux, centres de recherche, collectivités ? Quelles conditions réunir pour développer une culture de fonctionnement en écosystème entre l’ensemble des parties prenantes ? Quel premier bilan peut-on tirer des stratégies de « spécialisation intelligente » que les régions mettent en place et avec quelle cohérence d’ensemble/complémentarité au niveau européen ?
  • Quelles sont les responsabilités des entreprises à l’égard de leurs territoires d’implantation ? Leurs « politiques territoriales » peuvent prendre appui sur l’innovation ouverte et les pôles de compétitivité, les partenariats publics-privés, les bassins de compétences, la chasse en meute à l’international, la mutualisation des moyens et outils de productions, la RSE…. Restent qu’elles sont rarement menées individuellement et demeurent fragiles dans la durée. Quelles conditions (règles du jeu, comportements…) doivent alors être mises en place  pour les susciter/renforcer?
  • Comment les régions se branchent-elles ou non sur des réseaux européens, voire internationaux (de R&I, de PME, d’infrastructures numériques, de transport, d’énergie…) ? Comment évaluer ce que fait ou devrait faire l’Union européenne dans ce domaine ? Quel bilan tirer notamment de la réorientation de la politique de cohésion, les investissements en infrastructures lourdes ayant progressivement cédé le pas à l’aide aux entreprises et l’innovation, l’emploi et l’inclusion sociale ? Elles constituent en effet le principal outil d’investissement de la politique d’investissement européenne.

[1] Tous niveaux confondus, l’investissement public a diminué de 20 % entre 2008 et 2013 dans l’Union européenne, de 60% en Grèce, Espagne et en Irlande, et d’un tiers dans les Pays d’Europe centrale et orientale.
[2] L’industrie jardinière du territoire, E. Bourdu, C. Dubois et O. Mériaux, La Fabrique de l’industrie, 2014

Vous trouverez le compte-rendu complet en version PDF ci-dessus.