Ce qu’en disent les adhérents

Ce qu’en disent les adhérents

 

Jean-Louis BANCEL, Président du groupe Crédit coopératif

Nous avons toujours eu des relations avec des parlementaires européens s’intéressant à l’économie sociale. Nous avons aussi travaillé avec Philippe Herzog sur les services d’intérêt général en Europe. À mon arrivée au Crédit Coopératif, en 2005, j’étais à la recherche d’un forum plus large sur les questions européennes. J’ai rencontré Philippe et lui ai demandé de se saisir des questions de l’économie sociale et solidaire alors que Confrontations Europe ­suivait presque exclusivement jusqu’alors les sujets industriels ou les questions d’énergie. Et il a accepté. Nous avons ultérieurement mis Nicole Alix, qui était directrice du développement, à disposition de Confrontations pour travailler sur l’économie sociale et solidaire.

Pour moi, Confrontations est un lieu de « combat » démocratique. Ce qui est une bonne chose, car il est important de ne pas fabriquer du consensus. À Confrontations existe la volonté d’articuler de façon très cadrée une pensée collective.

L’enjeu pour l’avenir de l’Europe est la transmission générationnelle. Si l’on ne met pas en place la relève, je crains que cette grande aventure ne dise rien aux jeunes générations. Il faut donner à vivre l’Europe. Je mettrais bien à l’agenda : « Que pourrions-nous faire pour que l’Europe devienne un sujet sensible », c’est-à-dire qui ait du sens ?

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Marie-France VAN DER VALK, Directrice à la représentation permanente auprès des institutions européennes
de Renault à Bruxelles

Renault est en relation avec Confrontations Europe depuis le début des années 2000. Mais, pour ma part, c’est lorsque j’ai pris mon poste à Bruxelles, en 2010, que j’ai été contactée par Claude Fischer. Et j’ai été embarquée car il est quasi impossible de résister au tsunami fischerien. Nous sommes toujours membres de Confrontations après toutes ces années car au-delà de la méthode certes intéressante, c’est surtout une question de personne, de leadership humain. Ce qui me plaît à Confrontations, c’est la volonté très marquée de convier tout le monde dans un projet européen constructif et fort.

La question aujourd’hui est comment rendre l’Europe plus forte et pérenne. Une des réponses est clairement « pas à partir de Bruxelles ». Le discours des politiques est régulièrement construit en incriminant Bruxelles lorsque cela ne fonctionne pas, et de ne pas reconnaître ce qui est livré grâce à Bruxelles. Bruxelles travaille, produit, mais les États devenus frileux, protectionnistes affaiblissent les institutions… C’est pourquoi Confrontations devrait continuer à s’exprimer de Bruxelles mais devrait plus parler aux États et à tous les États. Confrontations a une vision de l’Europe solidaire, forte, et c’est cette vision dont nous avons besoin.

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Matthias SEEWALD, Directeur des investissements chez Allianz France

La collaboration avec Confrontations avait commencé avant que je prenne mes fonctions chez Allianz, avec Pierre Vaysse. Lorsque j’ai rencontré l’équipe de Confrontations, à la fin 2012, les discussions ont porté sur la réforme réglementaire européenne du monde de l’assurance, la Directive Solvabilité II. J’ai trouvé l’approche de Confrontations très originale, l’idée étant de ne pas se concentrer sur un seul thème mais d’avoir une vision holistique des sujets. Cette démarche permet de traiter une grande diversité de sujets de façon globale et sans idée arrêtée a priori, ce qui n’est pas le cas de think tanks qui sont affiliés à un parti politique.

J’ai beaucoup apprécié, par exemple, que lors de l’AG de l’an dernier, se retrouvent à l’estrade, Nikolaus Meyer-Landrut, l’ambassadeur ­d’Allemagne à Paris et le président de BNP-Paribas, Jean Lemierre. J’aime cette combinaison entre monde politique et business.

Et je pense qu’il faut faire en sorte de combler le fossé qui existe malheureusement entre citoyens, hommes politiques et le monde de l’entreprise, dont je fais partie et qui est parfois coupé de la vraie vie. Des think tanks, comme Confrontations, permettent ce lien entre ces trois mondes et c’est un pont qu’il faut consolider.

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Olivier FREGET, Avocat, spécialiste du droit de la concurrence, cofondateur du cabinet Fréget-Tasso de Panafieu

Lorsque j’ai rencontré Philippe Herzog, en 2012, j’ai été séduit par son parcours intellectuel, qui l’a conduit à sortir du marxisme tout en conservant son intuition d’origine en termes de recherche de cohésion d’une solidarité possible. Après avoir dû, pour ma part, abandonner toute activité politique dès 1990 pour me consacrer à mon activité d’avocat d’affaires, je cherchais alors un lieu où reprendre un débat intellectuel. J’ai fait le tour des think tanks et j’ai aimé dans Confrontations le fait de retrouver des personnes qui m’opposent une certaine résistance. On ne peut pas construire l’Europe sans gérer des visions différentes. Et l’approche participative est au cœur de l’Europe. L’Europe est un lieu de confrontations par essence.

Pour tenter d’appréhender le réel forcément complexe, rugueux, il ne suffit pas d’avoir des idées. Il faut apporter de l’expertise dans un monde qui malheureusement refuse les experts. Il faut surtout cesser de penser que l’on peut convaincre en projetant son propre modèle. Et, pour reprendre les termes de Stanley Hoffman, il ne faut pas oublier que l’Europe est le « continent de la vie interrogée ». Donc continuons à réfléchir à la construction d’un système ouvert sans clef de voûte doctrinale.

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Michel MATHEU, Directeur du Pôle Stratégie Union européenne chez EDF

Dès mon arrivée au Pôle Stratégie UE d’EDF, en 2012, je suis entré en contact avec Confrontations Europe, un think tank avec lequel EDF était en relation depuis fort longtemps. J’apprécie le fait que Confrontations soit à la fois à Paris et à Bruxelles. Car, influencer ce qui se passe à Bruxelles ne fonctionne pas si on ne peut expliquer ce qu’est l’Europe à Paris.

Confrontations organise régulièrement des réunions sur les textes à l’agenda politique européen, et cette continuité est très importante. Elle l’est particulièrement à un moment où nous sommes inquiets. En effet le départ du Royaume-Uni signe la sortie d’un pays qui partageait notre vision sur l’énergie : il faut décarboner au meilleur coût, en utilisant le nucléaire qui est une énergie décarbonée comme les autres. L’année 2017 va être difficile alors même que se négocie le paquet Énergie propre. Il va falloir que nous travaillions avec d’autres États, comme certains pays nordiques ou d’Europe centrale.

Nous comptons sur Confrontations pour appuyer nos efforts. Du reste je suis persuadé que les débats menés sur des options structurantes en amont du travail législatif sont encore plus importants que le lobbying à la Commission une fois le projet déposé.

 

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Les partenariats de Confrontations

Au fil des années, Confrontations Europe a noué de nombreux partenariats avec d’autres think tanks mobilisés sur l’Europe.

  • Dans le cadre des « Entretiens Économiques Européens », des travaux sur la compétitivité de l’Europe et le dialogue social ont été menés en collaboration avec des fondations allemande, la Bertelsmann Stiftung, et italienne, la Fondation Astrid.
  • Depuis dix ans, le Brussels Think Tank Dialogue est coorganisé par dix des think tanks les plus influents à Bruxelles (Bruegel, Bertelsmann, Center for European Policy Studies, Confrontations Europe, European Policy Centre, Friends of Europe, Madariaga…).
  • Lancé en 2015 avec l’appui des ministres des Affaires européennes allemand et français, Michael Roth et Harlem Désir, le Think tanks Tandem rassemble les principaux think tanks allemands sur l’Europe (Bertelsmann Stiftung, Friedrich Ebert Stiftung, Genshagen Stiftung, German Marshall Fund…) et cinq think tanks français sur l’Europe (Confrontations Europe, la Fondation Robert Schuman, la Fondation Jean-Jaurès, l’Institut Jacques Delors et Terra Nova), La plateforme a organisé trois sessions en France et en Allemagne autour des enjeux de migrations, de terrorisme, de politique extérieure et de politique économique et monétaire de l’Union européenne.
  • Le projet « Relations industrielles face aux défis de l’emploi » conduit sur six pays européens et un pays de l’accession a permis de consolider et de nouer des partenariats intellectuels avec les principaux partenaires sociaux, think tanks et régions de ces différents pays : Allemagne (DGB, BDI/BDA, SHS Stiftung de Peter Hartz, Bertelsmann Stiftung), Italie (CGIL, la région Emilie-Romagne, la Fondation Astrid), Pologne (Solidarnosc…), Suède (Svenskt Naringsliv, LO, Göteborg Business Region), Turquie (Tusiad, Tisk, Disk…), sans oublier l’échelon européen (IndustriAll European Trade Union, Eurelectric, Insurance Europe, la Confédération européenne des syndicats, BusinessEurope, ETUI…) et de nombreuses entreprises européennes.
  • Confrontations Europe est membre des « Euro­citoyens », une plateforme rassemblant des organisations de la société civile sensibilisées au projet européen en France, créée en 2012, qui a mis en place les États généraux de l’Europe, lieu de débats ouverts et accessibles à tous les citoyens sur les enjeux européens.

Katarina CIRODDE, chargée de mission à Confrontations Europe

Témoignages recueillis par Clotilde Warin, rédactrice en chef, Confrontations Europe